Enfermés dedans ou enfermés dehors ?

By Juliette Potin | Positive attitude

Avr 02
enfermés dehors

Contrairement aux français se sentant enfermés chez eux, confinés ou contraints, de nombreux expats, plus libres au quotidien dans leur pays d’accueil, vivent la frustration inverse d’être enfermés dehors *. Ils sont dans l’impossibilité de rejoindre la France, ou s’ils le font, auront l’interdiction de revenir ensuite. Comme lorsque l’on claque la porte de son appartement et que l’on ne peut plus rentrer chez soi.
 
Dans un cas comme dans l’autre, ce sentiment d’enfermement est exacerbé par le manque de perspective d’amélioration à court terme. 
 
Dans les deux cas, nous sommes focalisés sur ce que nous ne pouvons pas faire. Pour nous ici: déjeuner en terrasse avec une amie, passer la journée avec un proche qui vit à plus de 10kms, partir en vacances en famille, travailler au calme sans enfants autour. Pour d’autres, là-bas, tout cela est possible, ou en partie. Mais ce qui les frustre c’est de ne pas avoir vu leur famille depuis plus d’un an. De n’avoir qu’un vol par semaine au cas où ils devraient rentrer en urgence. Ne pas savoir s’ils pourront voyager pour l’été. De devoir respecter des mesures de quarantaine drastiques à leur retour…
 
Chacun de notre côté nous ne mesurons pas la chance de ne pas avoir les contraintes de l’autre. Nous ici nous pouvons nous déplacer pour motif impérieux. Nous pourrons voir nos parents cet été. Et nous pouvons faire revenir notre enfant étudiant à la maison quelque temps. Savoir que nous pourrions avoir d’autres contraintes ne nous fait malheureusement pas plus profiter de ce que nous avons.

Et si nous changions de focale ? 

Sonia est installée à Pékin depuis 2 ans. Elle n’a pas vu ses 3 enfants étudiants depuis plus d’un an. Elle a fêté Noël avec eux sur zoom… Mais plutôt que de se focaliser sur ce qu’elle ne peut pas faire ni avoir, elle m’explique qu’elle profite de tout le reste. « Je ne lis plus et n’écoute plus les conversations autour de moi au sujet des ouvertures et fermetures des frontières. Je me suis rendue compte que cela alimentait chez moi des frustrations et de la tristesse qui me prennent de l’énergie et ne me servent finalement à rien. J’ai décidé de profiter à fond du temps que j’ai ici. Comme ça, j’aurai plein de trucs à raconter à mes enfants quand je les verrai. Au lieu de leur dire que j’ai passé mon temps à me morfondre et à m’inquiéter ! » 
 
J’ai trouvé la vision de Sonia inspirante et pleine de bon sens. Je suis déjà d’un naturel optimiste mais j’en ai profité pour faire la liste de tout ce qui était possible et que j’avais envie de faire dans les prochaines semaines: faire de la corde à sauter avec mon fils en guise de récréation, cuisiner un brunch en famille pour Pâques, apprendre la chorégraphie Jerusalema… 
 
Et vous, enfermés dehors ou dedans, vous allez vous focaliser sur quoi ?

* d’après la métaphore de la psychanalyste Fabienne Kraemer, dans le Psychologies magazine de ce mois-ci.

PS : Changer de regard sur ses soucis, petits ou grands, c’est possible. Profitez d’une séance gratuite d’exploration pour commencer à changer de focale.

Image par Stephanie Ghesquier de Pixabay

 

 

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About the Author

Juliette Potin a vécu plusieurs années à l'étranger, en Italie, Turquie et plus récemment aux Etats-Unis où elle se retrouve à la maison après 15 ans de postes à responsabilité dans l'industrie. L'expérience de ne plus pouvoir se définir par son statut social est déstabilisante, celle d'avoir du temps devant soi : vertigineuse! Petit à petit, en se reconnectant à elle-même et à ses aspirations, elle s'autorise à se ré-inventer. Aujourd'hui, elle accompagne les expatriés dans cette quête d'eux-mêmes, formidable opportunité d'un nouveau départ.

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